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5 conseils pour réussir la description de vos personnages

Dans cet article, je vous donne des conseils pour que vous puissiez réussir le portrait de vos protagonistes afin de leur donner du relief et de les rendre mémorables.



Conseil n° 1 : interrogez-vous sur l'impression générale de votre personnage


Si votre lectorat devait rencontrer votre personnage, comment le percevrait-il ? Le verrait-il comme un rebelle, une personne introvertie et vulnérable, un individu élégant ou négligé ?


Prenez du recul et interrogez-vous sur l'allure de votre protagoniste. Quelle aura dégage-t-il ? Une fois que vous aurez trouvé l'impression que vous souhaitez transmettre, vous pourrez adapter votre vocabulaire pour la retranscrire.


Exemple :


« Dans un vaste espace laissé libre entre la foule et le feu, une jeune fille dansait.
Si cette jeune fille était un être humain, ou une fée, ou un ange, c’est ce que Gringoire, tout philosophe sceptique, tout poète ironique qu’il était, ne put décider dans le premier moment, tant il fut fasciné par cette éblouissante vision.
Elle n’était pas grande, mais elle le semblait, tant sa fine taille s’élançait hardiment. Elle était brune, mais on devinait que le jour sa peau devait avoir ce beau reflet doré des Andalouses et des Romaines. Son petit pied aussi était andalou, car il était tout ensemble à l’étroit et à l’aise dans sa gracieuse chaussure. Elle dansait, elle tournait, elle tourbillonnait sur un vieux tapis de Perse, jeté négligemment sous ses pieds ; et chaque fois qu’en tournoyant sa rayonnante figure passait devant vous, ses grands yeux noirs vous jetaient un éclair. »

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris


Conseil n° 2 : donnez quelques détails


Vous pouvez trouver tentant de décrire votre personnage de la tête aux pieds en donnant plein d'informations à votre lectorat. Or, il suffit de mettre l'accent sur quelques détails bien choisis pour réussir son portrait. L'imagination de votre lectorat fera le reste.


Par ailleurs, les descriptions longues et exhaustives manquent souvent de naturelles. Elles s'insèrent difficilement dans la narration et elles alourdissent votre style.


Exemple :


« La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n’aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu’il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d’Orient sans avoir l’air de se considérer dans l’obligation d’avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n’aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l’avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation. Il se demanda même pourquoi. C’était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois… Qu’elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n’y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. »

Louis Aragon, Aurélien


On se concentre ici sur deux détails : l'habit et les cheveux. De plus, comme pour le conseil numéro 1, la description sert à transmettre une impression générale du personnage.


Conseil n° 3 : utilisez plusieurs sens


Souvent, le portrait des personnages repose sur la vue. Vous décrivez la couleur des cheveux, des yeux, la silhouette, etc. Cependant, pour apporter du relief à votre portrait et enrichir votre style, n'hésitez pas à utiliser vos autres sens.


Par exemple, parlez de la voix de la personne, décrivez son parfum, faites l'éloge de la douceur de sa peau ou évoquez le goût de ses lèvres.


Exemple :


« Sa sueur fleurait aussi frais que le vent de mer, le sébum de sa chevelure aussi sucré que l'huile de noix, son sexe comme un bouquet de lis d'eau, sa peau comme les fleurs de l'abricotier. Et l'alliance de toutes ces composantes donnait un parfum tellement riche, tellement équilibré, tellement enchanteur, que tout ce que Grenouille avait jusque-là senti en fait de parfums, toutes les constructions olfactives qu'il avait échafaudées par jeu en lui-même, tout cela se trouvait ravalé d'un coup à la pure insignifiance. Cent mille parfums paraissaient sans valeur comparés à celui-là. Ce parfum unique était le principe supérieur sur le modèle duquel devaient s'ordonner tous les autres. Il était la beauté pure. »

Patrick SÜSKIND, Le Parfum


Conseil n° 4 : profitez de la description pour apporter de la caractérisation à votre personnage


Une bonne description ne doit pas servir uniquement à dresser un portrait physique. Elle est aussi un excellent moyen d'en dire davantage sur la personnalité de votre protagoniste ou sur son histoire.


Par exemple, vous pouvez donner à votre personnage une opinion sur son apparence. Vous pouvez également le décrire en le faisant se comparer à une autre personne, en l'associant à son métier ou en utilisant un de ses traits de caractère.


Cela permettra d'intégrer naturellement la description au récit tout en lui donnant plus de force.


« Le vieil homme était maigre et sec, avec des rides comme des coups de couteau sur la nuque. Des taches brunes causées par la réverbération du soleil sur la mer des Tropiques marquaient ses joues ; elles couvraient presque entièrement les deux côtés de son visage ; ses mains portaient les entailles profondes que font les filins au bout desquels se débattent les lourds poissons. Mais aucune de ces entailles n’étaient récentes : elles étaient vieilles comme les érosions d’un désert sans poissons.
Tout en lui était vieux, sauf son regard, qui était gai et brave, et qui avait la couleur de la mer. »

Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer


Conseil n° 5 : utilisez la description pour parler de l'univers de votre roman


Votre histoire se déroule peut-être dans un monde imaginaire ou dans un pays dans lequel l'apparence est très codifiée. Vous pouvez alors profiter de la description pour parler des règles, de la structure ou des traditions du lieu que vous évoquez.


Exemple :


« Chez moi, il y a un miroir. Il se trouve à l’étage sur le palier, derrière un panneau coulissant. Les règles de notre faction m’autorisent à m’y regarder le deuxième jour de chaque trimestre, quand ma mère me coupe les cheveux.
Je m’assois sur le tabouret et elle se tient derrière moi avec les ciseaux. Mes mèches tombent par terre en formant de lourds anneaux blonds.
Quand elle a terminé, ma mère rassemble mes cheveux et en fait une torsade qu’elle noue en chignon. Son calme et sa concentration m’impressionnent. Elle a une longue pratique dans l’art de s’oublier. Je ne peux pas en dire autant.
Je jette un coup d’œil furtif sur mon reflet pendant qu’elle ne fait pas attention ; non par vanité, mais par curiosité. On peut changer beaucoup physiquement, en trois mois. Dans le miroir, je vois un visage étroit, de grands yeux ronds et un long nez aquilin. J’ai toujours l’air d’une petite fille, pourtant je viens d’avoir seize ans. Les autres factions fêtent les anniversaires, mais pas nous. Ce serait du narcissisme. »

Veronica Roth, Divergente (tome 1)


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