top of page

Ce personnage doit mourir

Dans une histoire, un mentor doit mourir pour que le héros ou l’héroïne grandisse.


Un corbeau perché sur une pierre tombale

Le mentor est le guide du héros ou de l'héroïne dans une histoire. Il le prépare pour la suite de son aventure, mais il ne peut pas rester jusqu'au bout.


Pourquoi ? Parce que tant qu'il est là, le protagoniste ne peut pas atteindre son plein potentiel.


Le mentor doit donc disparaître, que ce soit physiquement ou symboliquement, pour forcer le personnage principal à continuer son aventure seul.



Comment tuer un mentor ?


Il n'est pas toujours question de le faire mourir, mais plutôt de retirer un filet de sécurité pour le héros ou pour l'héroïne. Et il y a plusieurs façons d'y parvenir.


  1. La mort physique ou le sacrifice


Il s'agit de la façon la plus brutale et souvent la plus marquante de se débarrasser d'un mentor. Parfaite pour transmettre des émotions fortes au lectorat.


Obi-Wan Kenobi se sacrifie face à Dark Vador.

Dumbledore est tué sous les yeux de Harry Potter.


  1. La renaissance


Le mentor meurt symboliquement et revient transformé. Il n’est plus tout à fait le même et il n'est plus forcément là pour guider le héros ou l'héroïne.


 Gandalf le Gris meurt et renaît en tant que Gandalf le Blanc.


  1. La trahison


Le mentor passe alors du rôle de mentor à celui d'antagoniste. Il devient une menace pour le héros ou l'héroïne.


Le personnage doit également désapprendre ce qu'il croyait vrai. Ses repères sont bousculés.


Sarouman se range du côté de Sauron.


  1. L’élève dépasse le maître.


Il arrive parfois que le héros ou l'héroïne devienne tellement puissant que le mentor devient presque inutile. Le héros n'a alors plus besoin d'être guidé.


Neo devient plus puissant que Morpheus dans Matrix.


  1. L’effacement ou le départ volontaire


Le mentor peut choisir de prendre de la distance. Il part à la retraite, il s’exile, etc. C’est souvent la forme la plus subtile et la plus réaliste.


Dans la saison 6 de Buffy, Giles quitte Sunnydale pour que Buffy puisse apprendre à vivre sans lui.


  1. L’échec du mentor


Parfois, le mentor reste, mais il échoue. Le héros ou l'héroïne comprend alors que même les figures d’autorité peuvent se tromper et il doit apprendre à faire ses propres choix.


Yoda n’a pas su empêcher la chute d'Anakin Skywalker.


Comment écrire un bon mentor ?



Le mentor est un personnage à part entière et il doit avoir un vécu. Son histoire (c’est-à-dire ses échecs, ses regrets, ses blessures) explique pourquoi il aide le protagoniste. Il voit dans le héros une version passée de lui-même ou une seconde chance.


Il a aussi des contradictions :

  • il paraît fort, mais il a des faiblesses ;

  • il donne des conseils, mais il ne les suit pas toujours ;

  • il enseigne la confiance, mais il doute parfois lui-même.

C’est ce qui le rend humain et crédible.


Il a des secrets. Un bon mentor ne dit pas tout, soit parce qu’il ne peut pas, soit parce qu’il choisit de ne pas le faire. Le non-dit crée de la tension et donne de la profondeur à la relation.

     

Lui et le personnage principal ont une relation privilégiée. Presque intime. Parfois conflictuelle. Le mentor n’est pas toujours aimé, mais il est toujours marquant.


Il ne donne pas de réponses, il provoque des déclics. Il pousse le héros ou l'héroïne à agir, mais il ne résout pas les problèmes à sa place.


Encore quelques points à noter



Le mentor n’est pas forcément un homme. Encore moins un vieux avec une barbe blanche.


Il n’évolue pas toujours, car son rôle est avant tout de faire évoluer les autres.


Il peut y avoir plus d’un mentor dans une histoire.


En conclusion


Un bon mentor doit savoir se retirer pour laisser la place au héros ou à l'héroïne. On ne peut pas grandir en étant toujours protégé·e. Il faut aussi faire ses propres erreurs pour apprendre et grandir.

Commentaires


bottom of page